du malheur au bonheur
Ce soir là j'étais très fatiguée. Je fermais mes paupières en espérant oublier un peu le trintrin de la vie quotidienne. Quelques instants après je fus plonger dans un sommeil assez léger, je pouvais encore ressentir le petit vent que laissait échapper la fenêtre de ma chambre. Soudain, quelque chose me traversa, je ne pourrais pas vous dire quoi, ni vous dire comment cela c'était produit. Seulement que je fus plonger dans un sommeil si profond, que même les hurlements d'un enfant n'aurait eu aucun effet. Je ne sais pas combien de temps il s'était écoulé, mais lorsque mes yeux se réouvrirent, un grand silence régnait. Subitement, je me souvenais de tout. L'histoire de ma vie avait défilée sous mes yeux...C'était comme si je pouvais mettre tous les moments d'une vie en parallèle. J'avais le pouvoir de voir et de revoir les images de mon passé. Au hasard je pris l'une d'entre elles.
A l'époque j'avais 16 ans, j'étais amoureuse d'une fille de 14 ans. Elle n'habitait pas ma région. Le contact de nos lèvres étaient impossible. Je voyais ma frustration au travers de ces images. Une seule solution pouvait résoudre la distance. Je devais révéler à mes parents l'existence de cet amour. Vous savez comme moi qu'à 16 ans les parents nous prennent pour des enfants instables. Je revois encore mon père me dire «il faut que tu arrête tes conneries». En regardant ces images je sentais encore la douleur que cela m'avait procurée. J'étais de ces enfants qui ne parlaient jamais à la maison. Et, pour une fois je révélais à mes parents une nature que je ne pouvais plus cacher. Les voir si réticents, si désemparés, si malheureux me donna l'envie de ne plus exister. Ce jour avait sonné le glas d'un combat. Une bataille que je devais dès à présent mener seule. Bien que forte de caractère, les remparts étaient tombés. Mon coeur à vif, les mains ensanglantées de chagrin je continuais ma route comme si de rien n'était.
Vous savez, être différente est un poid lourd à porter. La honte fait partie de nous et sortir du placard comme on dit, à 16 ans ce n'est pas chose facile. Quoiqu'il en soit le temps passa, les amours aussi. Ce n'est que deux ans plus tard que je parvins à faire face à cette réalité. Plus les mois passaient, plus je gagnais en force et en courage. Aujourd'hui à vingt ans je peux enfin vous dire que je suis fière d'avoir parcouru tout ce chemin, d'avoir cru en mes convictions jusqu'au bout.
Face à ce tableau. Les images de déceptions et de douleurs défilaient. Mais vous dire que le bonheur n'existe pas , c'est comme affirmer que la vie est incomplète. Même après avoir passé des sentiers épineux la roue de la vie sait tourner. Parfois on se dit ça ne viendra jamais, parfois on conserve au fond de soi un espoir d'avenir serein. Une autre image retint mon attention. Elle était assez récente, environ cinq mois. Elle représentait une rencontre. Vous savez une de celles qui peuvent vous changer une vie.
Ce soir là, j'étais dans ses bras, face à elle. Cela faisait deux semaines qu'on était en couple. Son regard plongea dans le mien, un instant, un silence, un seul mot et l'univers autour devint infime. Je me rappelle encore ses lèvres me murmurant « je t'aime...» le monde entier n'eut plus d'importance, seul son regard amoureux régnait en moi. je n'eus pas de réponse verbale. J'eus simplement l'envie de lui faire l'amour.
Ce je t'aime allait changer beaucoup de chose. Vous savez, parfois un mot, un seul peut influer sur tout le reste. Je crois que c'est à ce moment là que la roue, pour moi, tourna.
Depuis, les jours, les mois passèrent, les douleurs et les doutes également. Le bonheur ce jour là avait frappé à ma porte...